Et si la Commune de Paris avait vaincu ? Cette Histoire alternative par « AlterHis » est-elle sensée, cohérente ?

Il y a plusieurs problèmes dans ce récit. Pour commencer, la libération du territoire français aurait pu être totale, en repoussant l’Empire allemand, loin. L’Algérie, au lieu d’être un refuge de la réaction, aurait pu rejoindre la Commune. La construction des empires coloniaux en Afrique aurait pu être contestée par la Commune-France, par la mobilisation de millions d’hommes, en Afrique même, face à ces colons (mettre fin aux colonies n’est pas du tout abordé dans cette vidéo, ce qui est incohérent). Ce qui est certain, c’est donc que dans une telle situation, nous aurions assisté à la première guerre mondiale, bien avant 1914. Anglais et Allemands auraient été des alliés. Mais la guerre sociale gagnée par la Commune se serait exportée à ces pays et en Afrique. L’Indochine français n’aurait jamais existé. Si cette vidéo propose un sujet passionnant, si certaines perspectives sont sensées, il y a des manques et des incohérences. C’est qu’un tel sujet aurait requis une vidéo d’au moins une heure.

2 Replies to “Et si la Commune de Paris avait vaincu ? Cette Histoire alternative par « AlterHis » est-elle sensée, cohérente ?”

  1. Je crois que la Commune aurait bien pu triompher, mais à des conditions qui eussent été très dures pour elle-même comme pour la France qui effectivement serait tombée de son rang de grande puissance pour devenir un pays pauvre, relativement sous-développé par rapport au reste de l’Europe. La Commune aurait pu triompher si justement Bismarck y avait vu pour l’Allemagne cet avantage précis, rayer la France de la liste des pays industriellement puissants et surtout lui ôter toute chance de se redonner la seule chose à même d’en refaire la puissance mondiale par excellence et une menace pour l’Allemagne : un monarque légitimiste mais populiste sans exagération, très catholique mais très ouvert au développement scientifique et industriel moderne. Bismarck poussa à ce que la France se donnât un régime républicain plus ou moins perclus de gens de gauche apragmatiques pour nul autre espoir : une France en querelle perpétuelle pour des griefs en tout genre. Et de fait si la Commune s’était montrée plus durable un tel plan assez machiavélique était dans les cartons des stratèges prussiens d’alors.

    Bismarck aurait offert à la Commune, si elle avait été assez hardie pour prendre Versailles d’assaut et si elle avait été assez hargneuse et réaliste pour rendre coup pour coup aux répugnants massacres des troupes de Thiers, une espèce de paix à la Brest-Litovsk : un arrêt de tout soutien au gouvernement de Thiers, la reconnaissance du gouvernement de Paris mais à des conditions humiliantes qu’un tel régime n’eût pu refuser à son moment le plus critique. Les territoires cédés à l’Allemagne eussent été beaucoup plus considérables, pas seulement la Moselle, mais une région allant jusqu’en Champagne. L’Allemagne aurait exigé également la cession de plusieurs très grands parcs industriels y compris peut-être celui du Creusot en faisant valoir que ces parcs industriels étaient déjà aux mains de gestionnaires alsaciens ou français très anti-populaires, c’est à dire d’ennemis intérieurs qu’il valait mieux pour la Commune ne pas avoir sur son territoire, tout en offrant de très bonnes conditions de travail et de germanisation par étapes à la main d’oeuvre française qui s’y trouvait de manière à la désolidariser, avec l’aide de syndicats allemands exigeant moins de droits théoriques mais plus d’avantages matériels, de la main d’oeuvre plus typiquement française travaillant surtout dans la production de biens traditionnels. Bismarck aurait favorisé dans ses négociations un type d’anarcho-syndicaliste plus ouvert au monde rural et plus nostalgique d’un passé lointain purement mythologique et méfiant par rapport au développement scientifique moderne, et surtout du genre à considérer l’efficacité administrative comme secondaire par rapport aux grands principes, de manière à mettre la France sur la voie d’une stagnation technique voire d’un recul. Dans l’ensemble européen la France aurait été une productrice de biens de consommation de luxe et de demi-luxe dont le marché aurait été l’Allemagne et l’empire austro-hongrois : un type d’industrie où les salaires seraient restés assez bas et où les droits obtenus par les travailleurs auraient été surtout d’immenses compensations de l’ordre du discours et non guère d’un meilleur niveau de vie face aux patrons locaux. Bismarck aurait exigé justement l’indépendance des communes propres aux petites villes et aux régions rurales les plus revendicatives et exigé la mise en place de dispositifs législatives empêchant désormais toute centralisation de nature à refaire de la France un ensemble trop organisé. Toute proportion gardée la France aurait une économie à la Yougoslave, avec pour immense ambition de rendre la gastronomie rurale française accessible au grand nombre par une agriculture intensive et prospère les années où le climat serait bon, mais pas plus. L’existence y serait restée besogneuse et sans grand confort et l’idéologie anarcho-socialiste aurait découragé les sciences et les savoirs non immédiatement utiles au petit peuple. Bismarck aurait exigé de la France qu’elle respectât encore mieux les diversités régionales, entre autres les langues locales, que lui ne le faisait en Allemagne, or lui-même respectait les identités régionales germaniques bien mieux que la France n’avait su le faire des siennes. De plus toute la France n’aurait pas accepté le gouvernement des Communards. Un gouvernement de Girondins aurait été constitué par Thiers à Bordeaux, qui aurait été une dépendance britannique de fait et se serait étendu sur une vaste région côtière allant de Biarritz à la Normandie. Les puissances européennes auraient accepté le gouvernement communard dès le constat très vite fait que ce pays allait se nourrir de beaux discours surtout mais subir un recul économique spectaculaire par rapport à une Europe se modernisant à toute allure, ce serait devenu une sorte de contre-exemple pour les peuples. La France communarde se serait donnée un beau nom comme la République des Cités Franches Unies, vite baptisée Frange-Unie aux habitants nommés Francs-Juniens, pour se distinguer des Girondins de la Province-Unie. Leurs deux langues officielles se seraient désunies.

    1. Selon votre commentaire, la Commune aurait vaincu, et la France aurait perdu. Comme si, avec la 3ème République, par son colonialisme pillard, la France avait gagné… Ce qu’elle a pris, il a fallu le « payer », d’une manière ou d’une autre : plus tard, avec la décolonisation, refusée par l’Etat français, et qui nous a tant coûté, en vie; avec la guerre 14/18, puisque, avec une armée populaire comme pendant la Révolution Française, il était possible de renvoyer les Prussiens chez eux, reprendre donc immédiatement l’Alsace-Moselle, et ensuite, en ne tombant pas dans la colonisation européenne capitaliste, l’Allemagne, réunifiée ou non par les Prussiens, aurait détourné son attention vers l’Afrique où ils auraient essayé de se placer, à la place de ce que la France de la 3ème République a « conquis », par des violences inouïes (ce que les Communards ont subi, les colonisés l’ont subi). Et dans cette autre Afrique, la Commune/France aurait pu s’allier avec tant de peuples africains pour qu’ils ne subissent pas le joug colonial européen. Pourquoi la France n’aurait pas développé avec la Commune une industrie – mais une autre industrie ? Si la France en est venue à une République et à une société conflictuelle, ce serait l’oeuvre de Bismarck ? Non, mais comment considérer que vous puissiez être sérieux ? Ce sont les réalités françaises propres, le comportement des possédants, à cette époque COMME AUJOURD HUI, qui sont les principales causes des conflits civiques en France. La France sortait de la dictature financière ultra-libérale de Napoléon le Petit, dont les dirigeants avaient porté tant de coups contre les plus pauvres, y compris en les exilant de force dans les colonies ! Le « grand remplacement » dont nous parle l’extrême droite, mais DECIDE ET MIS EN OEUVRE par des Français contre d’autres Français ! en les expulsant de la France métropolitaine, de chez eux, pour les « remplacer » par eux-mêmes, en s’appropriant le maximum de choses, terres, etc. Mais vous devez sans doute connaître cela très bien, puisque vous êtes peut-être un descendant de ces personnes. Vous affirmez/accusez la Commune, victorieuse, d’être l’objet d’une « offre » de Bismarck qu’elle aurait proposé, alors que les Communards ont été portés initialement par leur volonté d’en découdre avec les Prussiens en libérant le territoire national. Ce ne sont pas les Communards qui auraient accepté une paix humiliante. Ce sont les Versaillais qui l’ont fait, y compris en acceptant de payer aux Prussiens une rançon ! Quant aux revenus et aux droits sociaux des travailleurs dans cette France/commune, vous les placez sous la tutelle impérialiste allemande, comme si, par une autre organisation, d’autres droits, réels cette fois-ci, n’auraient pas provoqué au contraire un immense auto-enrichissement collectif, puisque la France n’aurait plus connu alors ni de millionnaires ni de milliardaires. L’un des éléments les plus irréalistes de votre propos réside dans cette affirmation « L’existence y serait restée besogneuse et sans grand confort et l’idéologie anarcho-socialiste aurait découragé les sciences et les savoirs non immédiatement utiles au petit peuple. ». C’est oublier que la Commune a compté dans ses rangs des savants et des techniciens, et que, par ce qu’une victoire contre la Prusse aurait induit, les progrès techniques auraient continué, mais avec un autre déploiement, une autre gestion, pour le bien de tous et pas pour le profit délirant de quelques uns. Thiers et ses séides auraient sans doute essayé de constituer un contre gouvernement dans la ville du racisme social français, Bordeaux, mais auraient-ils réussi ? Vous le supputez, mais rien ne l’assure, parce que ces bourgeois auraient été très affaiblis et que ce ne sont pas eux qui auraient sur le terrain affrontés les soldats de la Commune. On peut, au contraire, penser que Thiers et ses amis auraient été arrêtés et jugés. Il faut espérer que la France/Commune aurait été sévère avec ce populicide, puisque, lui, en position de force, n’a pas hésité à faire massacre, femmes, enfants, hommes, à grande échelle.

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