Europe et soldats nazis : de la France à l’Ukraine, le problème est continental

Médiapart vient de publier de nouveaux articles sur l’engagement, dans le néo-nazisme européen, de soldats français ou servant sous le drapeau français. S’agit-il d’un entrisme, à l’insu de son plein gré, pour et contre les armées françaises ou y a t-il un laisser faire, volontaire, et pire encore, une adhésion à cette idéologie, de la part d’officiers supérieurs ? Les articles de Médiapart pourraient laisser penser que nous aurions à faire à des cas isolés, limités. Mais ceux-ci, incarnés par les plus fanatiques, ne sont que le sommet de l’iceberg. D’autres soldats, adeptes de, sont plus prudents, notamment parmi les officiers. Ces faits ne sont pas récents. Un parti politique qui concentre le plus grand nombre d’adeptes et de sympathisants du nazisme compte dans ses rangs de nombreux militaires, policiers. Et ces cas doivent être reliés à leurs prédécesseurs, après la Seconde Guerre Mondiale – comme pendant. On ne peut pas travailler sur ce sujet en oubliant de le relier à la réalité de ce que fut la « collaboration »/participation/soumission de soldats et policiers français aux nazis, quand ils occupaient la France et l’Europe, ce que fut leur engagement dans les crimes et les combats en France et en Europe. Les ouvrages d’Histoire le rappellent, de temps en temps : autour du bunker dans lequel le damné Hitler s’était réfugié, alors que Berlin allait tomber sous les coups de butoir de l’Armée Rouge, on a pu trouver des soldats français – comme il y en eut pour soutenir l’Allemagne nazie après le 21 juin 1941. Il faut rappeler que la contribution française à la génèse et à la diffusion de la doctrine raciste/eugéniste a été fondamentale, première, décisive, à la fin du 19ème siècle, avec un développement et une influence de l’extrême droite (antidreyfusarde) bien supérieurs à ce qu’elle était en Allemagne à la même époque. Or la victoire alliée de 1945, à laquelle des soldats français ont participé, a permis d’occulter plusieurs faits fondamentaux concernant les armées françaises, de 1939 à 1945 : pour commencer, le fait qu’une partie essentielle de l’état-major souhaitait cette « étrange défaite », parce qu’ils préféraient une France germanisée, associée à une Allemagne « purifiée » et conquérante plutôt que toute autre orientation; le soutien par des hommes, des financements et du matériel, à la guerre à l’Est; l’adhésion, profonde, à l’idéologie et aux crimes nazis, ce qui permet de comprendre les tragédies du pétainisme. Et quelle épuration fut, après 1945, conduite, dans les armées, de terre, de l’air et de mer ? Parce que les exigences coloniales ne firent l’objet d’aucun réexamen, des soldats prirent le chemin de l’Indochine puis de l’Algérie, pour perpétrer là-bas des crimes qu’ils avaient pu commettre en Europe ou en France. Et ces hommes ont eu des enfants, des petits-enfants, auxquels ils ont transmis leurs « valeurs ». Hélas, il en est allé de même, surtout en Allemagne, mais partout en Europe, et notamment dans les pays de l’Est – même si, dans ces pays devenus « communistes » pendant plus de quatre décennies, ces soldats pro nazis, qui avaient été ou peu emprisonnés ou pas du tout (grâce à des faux papiers ou la disparition des papiers qui les mettaient en cause), ont dû faire profil bas, en attendant de pouvoir relever la tête. D’ailleurs : qui ils furent, ce qu’ils firent pendant ces 4 décennies, voilà des sujets sur lesquels nous ne trouvons aucune enquête, aucune parution. En Ukraine, aujourd’hui, le néo nazisme est un fait public. Des criminels de guerre bénéficient d’hommages publics, par des citoyens, voire même par des politiques, au motif qu’ils combattirent l’Armée Rouge. Si nous assistons, depuis plusieurs années, à une « renaissance » effective du nazisme, avec le « néo » nazisme, c’est aussi que « le droit », dans les pays européens, le rend possible, par l’absence de poursuites judiciaires ou par la faiblesse de ces poursuites judiciaires. Pourquoi ? Il faut s’intéresser aux complicités, qui protègent ces admirateurs de criminels. Ci-dessous, vous trouvez des vidéos, copies d’émissions télévisées de différents pays européens. Vous pouvez remarquer que vous ne trouvez aucune émission sérieuse sur ce sujet, par une chaîne de télévision française.

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