Etats-Unis 2020 : après la mort de George Floyd, un moment de vérité(s) : note 1 – United States 2020: after the death of George Floyd, a moment of truth(s)

Derek Chauvin, policier à Minnéapolis, s’est-il dit, au moment où lui et ses collègues se trouvaient aux côtés de George Floyd : encore un que je vais « me faire » ? Tiens, mais c’est George (ils auraient travaillé dans le même bar), et je n’ai jamais aimé comment il se permettait de me regarder de haut ? je vais donc « me le faire »… ? ou une autre de ces débilités typiques des suprématistes, ces malades mentaux qui pensent sortir de la cuisse de Jupiter alors que ce sont seulement des monstres hybrides où sont mélangés, avec une dose d’humanité, une part porcine (un animal capable de manger un cadavre humain), une part canine, … ? ! Quoiqu’il en soit, les plus de 8 minutes pendant lesquelles il a écrasé le cou de George Floyd lui ont sans doute procuré un plaisir presque orgasmique, mais, à la fin de ces 8 minutes, il venait de tuer un homme, et il venait de mettre le feu à l’AmeriKKKA. C’est un pays malade et de malades : et les gens sains, de corps et d’esprit qui vivent dans cette zone, en sont malades, savent qu’ils sont en danger. Qui voudrait aller perdre son temps, voire, sa vie, pour se plonger dans un monde de cow boys racistes ? Sortir du 19ème siècle, pendant lequel les colons européens ont fait passer la population des Native People à 10%, par la disparition de 90% de ceux-ci, était une joie, mais avec ces chiens de guerre, on radote, nostalgiques qu’ils sont de ce temps où ils faisaient ce qu’ils voulaient, lyncher qui et comme ils voulaient, violaient qui et comme ils voulaient. Leurs idéologues le disent : on leur a volé le droit de faire ce qu’ils veulent, et, maintenant, à cause du « politiquement et légalement correct », on ne peut plus… En effet. Tu m’étonnes. On les entend chialer, avec leurs Incels, sur cette tragédie, qu’ils ne peuvent plus violer et tuer en toute impunité. Mais quand ils sont des agents de « Law and Order », il leur arrive d’oublier que, en effet, ils ne peuvent plus… Mais, certains, si frustrés, ne peuvent se contenir : ils essayent. On tue un jeune noir – il tenait un pistolet, tourné vers nous ! Oui, c’était un jouet. Et les massacreurs ne sont pas inquiétés par la « Justice ». C’est donc que ces assassins, en puissance ou en acte, ne sont pas si fous : ils sont très protégés. Arrêtons-nous un instant : pourquoi un système politique et économique protège t-il autant de tels criminels, déguisés en « agents de police » ? C’est qu’ils font régner la Terreur. Chaque citoyen qui vit dans cette zone de guerre vit avec cette conscience permanente du danger : le danger ne vient pas, pour l’essentiel, des gangsters, pourtant, fort nombreux, mais de ces « policiers ». Et pourquoi faire régner la Terreur ? Pour « tenir une population » ? Celle-ci aspire à vivre et à travailler, sans ennuis. Non. Mais pour confirmer partout que l’Ordre social est incontestable. Ce que, désormais, pourtant, tant de citoyens contestent. Mais précisément, face à cette contestation, le message permanent est : l’ordre est incontestable, inchangeable. D’ailleurs, il paraît que c’est exactement ce qu’a dit le candidat démocrate à des fortunes de ce pays. Ne vous inquiétez pas, rien ne va changer. Que tu tournes vers les Républicains ou vers les Démocrates, le système dit : c’est moi le système et c’est TINA. Aucune alternative possible, tolérée. Or, ce qu’il démontre chaque jour, c’est la nécessité de ce qu’il interdit. Donc, il faut le changer et il est construit pour empêcher un changement réel. Autrement dit : les protestataires doivent savoir qu’ils ont face à eux, avec Trump, l’homme de tous les murs, et que, pour changer, il faudrait mettre bas tous les murs. La déconstruction serait la condition sine qua non de la construction. Mais quelle déconstruction ? La déconstruction syrienne, comme les Etats-Unis y ont contribué ? La déconstruction irakienne, idem ? La déconstruction afghane, idem ? La déconstruction vénézuelienne, idem ? Mais toutes ces déconstructions ont été rendus possible par l’action d’une puissance étrangère. Mais là, aucune puissance étrangère, sauf fantasmée (les Russes ! les Russes ! Soros et les Russes ! ), n’est à l’oeuvre et capable d’agir pour cette déconstruction. Les dirigeants américains sont les seuls à maîtriser cette « puissance » : après l’avoir fait dans le reste du monde, ils ont donc agi pour y parvenir chez eux, bien qu’ils veuillent en même temps le statu quo conservateur. C’est donc qu’ils sont pris dans des contradictions totales et permanentes : ils veulent, avec Trump, faire du Big Business, mais ils coulent celui-ci par excès d’intérêts égoïstes, ils veulent défendre « la liberté d’expression », mais ils s’en prennent à ses moyens, y compris en violant la Constitution, que, par ailleurs, ils prétendent défendre religieusement; ils veulent la sécurité nationale mais favorisent et l’insécurité planétaire et l’insécurité intérieure, par un ultra-libéralisme qui fait courir les gens, sans protéger au moins leur santé, en mettant en danger celle-ci, par, la circulation d’armes de guerre, par la pollution de l’air et de la nourriture. Et tout est de la même eau, polluée, comme Erin Brockovich en a témoigné. Bref, comme un corps, le corps politique subit plusieurs fractures en même temps : l’Américain est un poly traumatisé. Les transhumanistes sont disponibles pour en faire un « surhomme » : comme le héros d’Avatar, le poly handicapé serait un poly prothésé. Mais en fait, il s’agit de soigner le corps et l’âme. Et comment soigne t-on le corps et l’âme d’un polytraumatisé ?

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