Autriche : dans le pays qui compta plus de membres au Parti Nazi qu’en Allemagne, des blonds aux yeux bleus croient encore relever d’une « race supérieure » – un extrait de l’article de Médiapart à propos

Ci-dessous se trouve un extrait de l’article de Médiapart, par Vianey Lorin, dont l’adresse est la suivante : https://www.mediapart.fr/journal/international/230120/en-autriche-les-fraternites-etudiantes-font-le-lit-de-l-extreme-droite

« Elles s’appellent Olympia, Teutonia ou encore Germania. Ces corporations nationalistes font partie de la tradition autrichienne des fraternités, où l’on entre en tant qu’étudiant et dont on reste membre à vie. On y porte, sur les costumes, une bande noire, rouge et or, les couleurs du drapeau allemand ; elles signent l’appartenance aux « Burschenschaften », les plus controversées parmi les différents types de fraternités.

Leurs membres, de toutes générations, se retrouvent régulièrement dans les locaux de leur corporation autour de grandes tables en bois pour échanger sur la politique, entonner des chants traditionnels et accessoirement descendre une quantité non négligeable de bière. Tous considèrent l’Autriche comme la composante d’un ensemble germanique plus vaste, uni par une langue, une culture et des origines communes, une conception qu’ils affichent et célèbrent lors de leurs rassemblements. « Le cœur de l’idéologie des Burschenschaften, c’est le nationalisme allemand. Un nationalisme dont le sujet n’est ni le citoyen, ni la population qui vit dans le pays mais un collectif ethnique. Il comprend le peuple comme une communauté ayant la même origine », détaille Bernhard Weidinger, chercheur et auteur d’un livre de référence sur les Burschenschaften.

« Le sang » est le critère qui prédomine pour faire partie de la nation selon ces corporations. Idéologie qui ouvre la voie à des dérives : « Pour entrer dans une Burschenschaft il faut être un homme, être étudiant et être de langue maternelle allemande… et je ne peux exclure que quelques Burschenschaften au moins n’accepteraient pas de juifs », avance Sigurd Paul Scheichl. Cet ancien professeur à l’Institut d’études germaniques d’Innsbruck, dans la région du Tyrol, est membre d’une « Burschenschaft » depuis sa jeunesse, mais sa corporation n’est aujourd’hui plus active. Elle n’accepte plus de nouveaux membres et constitue avant tout un cercle d’amis qui se réunit une fois par an et se tient loin du milieu des corporations que Sigurd Paul Scheichl juge parfois de manière critique : « Je me souviens qu’un membre d’une “Burschenschaft” était à moitié japonais et sa corporation avait eu des problèmes avec d’autres “Burschenschaften” parce qu’il n’était pas vraiment considéré comme un Allemand. […] Il y a des corporations qui ne tiennent pas uniquement à la langue maternelle allemande mais aussi à des parents et des grands-parents allemands ou autrichiens. »

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