USA : la structurelle très grande pauvreté, de sa négation à son obligation – note 1

A l’instar de tous les pays du monde, et notamment parmi les plus « connus », cités, visités, l’Histoire des Etats-Unis doit être reprise, à refaire, tant les récits antérieurs, d’inspiration nationalistes et racistes, du racisme social comme du racisme, imposés, diffusés, étaient, sont, faux, trompeurs, mensongers. Près de 150 ans après le début de la terrible colonisation, hispanique et portugaise, des Amériques, du Sud et centrale, les terres du Nord du continent ont été visées par des Anglais. Les fameux « pèlerins » fuyaient l’Angleterre du racisme social, total, radical, l’Angleterre des pires inégalités, et, inversement, entendaient vivre par et pour l’égalité, contrairement à ce que raconte Tocqueville sur les Américains. Ces Anglais étaient modestes ou pauvres – par comparaison avec les nobles anglais. Le projet de ces ex-Anglais était donc de créer des communautés d’égalité, ce qui, avant (avec Platon) ou après (à partir du 19ème siècle) a pris le nom de « communisme ». Evidemment, ce communisme, de petites communautés, n’a pas à être comparé avec le communisme soviétique, lié à un Etat, à un territoire de très grande taille, à une très importante population, etc. On sait que les premières communautés de ces Anglais disparurent rapidement, notamment par intégration avec des communautés de Native People. Mais les suivantes partageaient le même projet. Par contre, un siècle plus tard, le projet a été radicalement modifié, avec l’arrivée, sur ces mêmes terres, de nobles anglais, ou d’Anglais très fortunés, lesquels deviendront les « pères fondateurs des Etats-Unis ». Ceux-ci ont décidé de reproduire, sur ces territoires, le système social et politique anglais, A LEUR PROFIT, et c’est pour cela qu’ils combattrons pour une « indépendance ». Il ne s’agissait pas de rejeter ce système social, économique, mais d’en être les seuls maîtres, comme ils l’étaient devenus, des esclaves, noirs, mais aussi de celles et ceux que nous n’appelons pas comme tels, des « esclaves », parce qu’ils étaient blancs, mais qui faisaient l’objet du même racisme social, de la part de ces riches propriétaires, terriens. Là où les premiers Anglais entendaient faire disparaître la grande misère conditionnée par les inégalités, lesquelles sont conditionnées par le droit public, les seconds, qui se sont installés sur ces nouvelles terres au 18ème siècle, ont entendu la substantialiser, dans ce droit même. Et c’est pourquoi ces nouveaux Américains ont imposé le « libéralisme » – qui devrait être plutôt désigné par le néologisme de « ploutocratisme », à savoir la philosophie politique par et pour les plus fortunés. En 250 ans, ce système s’est étendu, en quantité et en qualité. A notre époque, les plus fortunés américains le sont infiniment plus que les millionnaires et les milliardaires, des 18, 19, et 20ème, siècles. Inversement, les plus pauvres aux Etats-Unis sont devenus infiniment plus pauvres (1) que ceux des siècles antérieurs, parce que, en raison de la privatisation de l’ensemble des biens (terres, énergies, etc), il n’existe plus un mètre carré libre dans ce pays; ils ne peuvent accéder à une nourriture gratuite; la nourriture qui doit être achetée est chère ou alors elle est d’une très mauvaise qualité (désert alimentaire); ils ne peuvent parvenir à nourrir leur famille, par une production agricole autonome; etc. Afin d’illustrer ce qu’a été l’Histoire de la très grande pauvreté aux Etats-Unis, dans son Histoire et maintenant, nous commençons, avec la publication de cette première note, une série dédiée à. Ces notes seront illustrées par des photographies et des vidéos. Pour commencer, les premières notes seront illustrées avec des photographies et des reportages accessibles à toutes et tous, sur ce sujet, par exemple, sur Youtube. Dans les prochains mois, nous les compléterons

(1) : cet auteur, pourtant un « libéral », l’écrit et le reconnaît : « Tandis que nous parcourons le monde, nous remarquons une chose presque immédiatement : les Américains comptent peut-être certaines des personnes les plus riches au monde, mais ils ont aussi les plus misérables. Faites un petit tour. Parcourez l’Irlande, la France, l’Angleterre, le Danemark, la Suède, l’Allemagne. Où sont les carcasses de voitures ? Les gens vivant dans des camping-cars ? Où sont les maisons délabrées, les villes désespérées et infestées de rats, les laboratoires de méthamphétamine en pleine cambrousse ? Ou bien allez au Nicaragua, en Argentine, au Maroc ou en Inde. Les chiffres de la pauvreté ne disent pas tout. On trouve beaucoup de gens dans le monde qui ont peu d’argent. Il est difficile, cependant, d’égaler la misère, la désolation et le désespoir des pauvres d’Amérique… ou la colère enfouie qui couve dans leur classe ouvrière, autrefois si fière.

Laisser un commentaire