Avec « La Fièvre », Aude Lancelin décrit une France cadenassée par ses limites réelles, quand trop vivent dans des rêves ou des illusions…

Dans «La Fièvre», il y a, en filigrane du récit, que ce soit le fait de la narration ou par l’intermédiaire d’un personnage comme Yoann, l’évocation de «la Commune» de Paris («La Commune de Paris, la Bourgeoisie qui communia dans le meurtre des ouvriers»), dont, bien qu’il y ait une chape de plomb sur ce moment de l’Histoire de France (dans les manuels scolaires, dans les commémorations publiques, dans les discours publics et politiques), de plus en plus de citoyens de France savent que, au bout de ce bref laps de temps où un ordre social alternatif a été instauré et a mis en œuvre des décisions collectives inédites, il y a eu un massacre, dont le nombre de morts est compris entre 20.000 et 30.000 morts, en une semaine ; massacre commis par une soldatesque aux ordres de «gens bien», les «Versaillais», sur «le peuple», des travailleurs, des citoyens, modestes, parisiens. En regard de cette boucherie criminelle, cette période de l’Histoire de France dont parle le roman, le «mouvement des Gilets Jaunes» n’a pas conduit à, ni autant de morts, ni quelques morts (dizaines, centaines), puisque, selon les critères de cette comptabilité macabre, le nombre total est compris entre 0 et 11. Et sur les 11, le décès de Zineb Redouane est le seul qui soit en lien direct avec une action de ces forces. Mais les Gilets Jaunes, à la différence des Communards, n’ont pas réussi à «prendre le pouvoir». De «la» violence subie ou projetée, désirée, le roman est le commentaire permanent: violence «subie», quand les manifestants, majoritairement non-violents, sont frappés, gazés, et en gardent des traces, des séquelles, des souffrances, mais aussi la violence économique, avec, Yoann, 36 ans, symbole des GJ, que nous pourrions qualifier de CDDiste, puisqu’il fait partie d’une génération qui ne parvient pas à accrocher une sécurité économique, avec un CDI, un emploi stable, et ce qui va avec, la capacité à «fonder une famille», comme on dit, et il y a aussi la violence projetée, rêvée, affirmée, des GJ envers le pouvoir, la volonté de l’attaquer, de le faire tomber, y compris en mobilisant des images claires, inspirées par ce que fut pendant longtemps l’histoire de la peine de mort en France, avec la guillotine, son couperet. Au point de départ du livre, il y a, de ce que l’on pouvait voir, entendre, dans le mouvement des GJ, peu d’échos à l’Histoire de France, comme si le passé n’existait pas, n’enseignait rien, comme si le mouvement des GJ était absolument original et sans lien avec ce passé. D’ailleurs, Yoann, confronté à la force de l’État, se met à lire, à apprendre cette Histoire. On peut dire que ce roman est l’Histoire d’un nouvel échec, français : d’une volonté populaire de réforme politique par le fait de prendre le pouvoir, politique, et du fait que cette volonté se confronte à un mur qui la stoppe et qui même vient la percuter. Un échec, qui n’est pas celui seulement des GJ, mais aussi de la «caste des intellectuels» (de gauche), dont le roman évoque, les blocages, les apories, les personnalités influentes, et dont l’influence même est délétère, puisqu’ils préfèrent se tenir à distance, d’une manière ou d’une autre, de ce qu’ils ne comprennent pas, de ces gens qu’ils ne trouvent pas assez bien pour eux et pour la France. Dans les causes des difficultés et des échec des GJ, cette méconnaissance de l’Histoire de France paraît majeure, déterminante : puisque l’Histoire nous enseigne aussi que l’État français est un Etat «puissant», depuis longtemps, et que, avec les évolutions modernes, scientifico-techniques, cette puissance s’est renforcée. Avec une telle police, on peut penser que Louis XVI n’aurait jamais été renversé. Le roman l’évoque : souvent, les GJ, en tout cas au commencement du mouvement, ont longtemps tenu un discours de fraternité envers les forces de police : «nous, tous, prolétaires». Puis, les décisions prises, ce qui s’est passé pendant ces journées, et les cas multiples de violences subies par des femmes et des hommes, ont fait disparaître ce sentiment, ce discours, en même temps que le mouvement s’étiolait. Est-ce que les GJ n’avaient pas la conviction qu’ils allaient pouvoir renverser le pouvoir établi en France parce qu’une part significative et déterminante des forces de police allaient les rejoindre (ce qui apparaît être une croyance étrange) ? Est-ce que, vis-à-vis de l’État, les GJ n’ont pas été partagés et ne se sont pas partagés par une contradiction, une volonté de dialogue et une volonté de non-dialogue ? Les personnages du roman sont situés sur Paris. De Paris, la narration rappelle qu’il y a eu une telle «transformation sociale de Paris, en ville bourgeoise», qu’elle est devenue «une ville vitrifiée par l’argent comme par un désastre nucléaire», comme toutes les villes qui deviennent essentiellement habitées par des «conservateurs», et les GJ qui sont «montés à Paris» se sont retrouvés face à une hostilité totale, celle des forces physiques auxquelles ils étaient confrontés, celle de cette population qui les méprisait et les vouait aux gémonies. Les GJ n’en sont pas responsables, mais cette transformation signe un autre échec français, dont la responsabilité est essentiellement imputable aux mandats de Jacques Chirac à la tête de la mairie de Paris, ce Jacques Chirac dont on nous a fait de tels dithyrambes à l’occasion de son décès ; ce Jacques Chirac qui, disait-on, avait le style, la fibre, populaires, mais qui a mis sur orbite un certain Nicolas Sarkozy, comme François Fillon, première mandature d’un rapprochement significatif entre la droite et l’extrême droite. Quand Paris était encore une ville populaire, les modestes n’ont jamais été suffisamment organisés et solidaires pour être les maîtres de la ville – il faut rappeler que la ville n’a été dotée d’une mairie centrale qu’au milieu des années 70, puisque, avant, l’État avait une tutelle totale sur la ville. Aujourd’hui, l’immense majorité des Français qui habitent hors de Paris en sont excluent de fait : impossible de venir vivre et travailler à Paris en habitant à Paris, ils doivent s’exiler loin et venir en transport en commun. On sait que les GJ ont développé des chants, comme le «on est là», mais finalement, le patriotique «on est chez nous» n’a pas été entendu (de Yoann, on sait qu’il aime ce pays «de tout son coeur, un pays qu’il pense encore grand») comme si était acté d’être sur un territoire perdu, alors que c’est là que se trouve les lieux de l’État. Le roman traite à plusieurs reprises des insuffisances, des limites, de ce mouvement. En effet, n’était-il pas trop déterminé par la «réaction», une logique négative, comme un des intellectuels a pu l’affirmer ? Nous sommes contre, mais nous ne savons pas de quoi nous sommes pour. Et quand il y a eu des slogans/objectifs, comme le RIC, même celui-ci est limité, ce que la narration explique également. Puisque, pour qu’il y ait référendum d’initiative citoyenne, il faut que les initiatives, en temps normal, relèvent de l’État. Le fait que tant de citoyens, modestes, ne connaissent pas bien, et ce qu’est l’État actuel, avec son ombre européenne, ni son Histoire, ni la suite impressionnante d’échecs populaires face à ce mur, est-ce que ce n’est pas la première chose, qui ne se trouve pas à l’extérieur d’eux-mêmes mais à l’intérieur d’eux-mêmes, contre laquelle les GJ auraient dû travailler, pour leur permettre d’avoir la plus grande lucidité stratégique comme d’action ? Est-ce qu’un certain narcissisme «nous, on est les GJ», c’est-à-dire les gentils face aux méchants, n’a pas été un facteur puissant de tétanisation ? Les intellectuels critiques occupent une place importante dans le roman, comme dans l’Histoire passée et présente, en France. Vous les décrivez, personnellement, avec, notamment, les écarts entre leurs principes publics et leur vie privée (un thème cher aux GJ, là encore un thème en négatif, puisque, en positif, il s’agirait de parler de la «vertu», ce que fit Robespierre, autre inconnu de cette mémoire française nationale), et dans leurs relations entre eux. Ils semblent se faire, eux aussi, des illusions sur : le mouvement, qui sont ces GJ, qui ils sont ex-mêmes. Le propos dit clairement que les intellectuels véritables ont raté la fenêtre d’opportunité (le kaïros des Grecs), et «cela revenait à dissimuler à un condamné à perpétuité le plan des souterrains qui, de sa cellule, le mèneraient à la liberté retrouvée», et vous ajoutez «le mouvement, entièrement abandonné à lui-même par la classe intellectuelle dans les semaines décisives, celles au cours desquelles des conseils avisés eussent été bienvenus» Qu’est-ce que les GJ auraient eu apprendre, comprendre, rapidement ? Ils auraient dû apprendre que, «derrière l’État, il y avait les fortunes, que derrière les fortunes, il y avait une immense toile de prédations mondiales» (…) les véritables leviers du pouvoir». Or, de cela, les Communistes ont été, longtemps, les narrateurs engagés pendant des décennies. Il y a donc une coupure entre les GJ et les intellectuels, mais est-ce qu’il n’y a pas eu, de fait, une autre coupure, entre les GJ et ce qui historiquement, politiquement, philosophiquement, s’est appelé «le communisme» ? Comme avec le syndicalisme officiel ? Par le fait aussi qu’il y a une telle coupure entre les intellectuels et ce qu’Alain Badiou continue de caractériser comme un horizon «transcendantal» de la pensée collective et de l’Histoire vivante ? Or, sur ce qui s’est longtemps appelé un moment révolutionnaire, avec la prise du pouvoir, le propos du livre dénonce l’orientation, le goût même, de la violence politique, puisque est posée cette question : «Comment pouvait-on en arriver à tuer par passion politique ?» (évocation d’une célèbre action d’Action Directe) et ce dans la mesure même où le pouvoir politique que vise et mette en cause les GJ n’aurait pas hésité à répéter ce que firent les Versaillais. Et sur ce sujet, le roman pointe des contradictions et une insuffisante réflexion politique, autant chez les intellectuels que chez les GJ, au sein desquels on se réfugie facilement dans une façon d’épurer : on tue. Un des intellectuels, conférenciers, n’hésite pas à faire référence à Action Directe, en soutenant le principe d’une action politique criminelle. Or, ce que laisse entendre, implicitement, c’est que si on veut se substituer à un pouvoir politique pour en imiter et prolonger à la violence, à quoi bon ? Est-ce que l’imaginaire politique n’est pas bouché par cette sempiternelle boucle temporelle et politique qui renvoie à un fondement mauvais, parce que nous refusons de penser ce que peut être une action politique non violente et néanmoins efficace ? Alors que, comme le dit la voix narrative, «La masse, elle, n’était nullement résignée à ramasser sur le carreau plusieurs centaines des siens, comme elle avait pu le faire par le passée ». Mais n’est-ce pas la définition même de la grève ? L’action d’arrêter toutes les actions ? Un personnage, un «homme de chambre» dans un hôtel de la Creuse, inattendu et absolument surprenant, a un dialogue avec le journaliste, Eliel, sur ces questions mais il me semble préférable d’en laisser le plaisir de la surprise aux lecteurs et lectrices du roman. Et ce qu’il démontre, c’est que, des intellectuels, en France, les officiels, les officieux, il y en a beaucoup, partout, mais qu’il y a peu de dynamiques constructives et positives dans leurs échanges, puisque, aux mêmes apories, ils n’apportent pas de nouvelles réponses, ils ne trouvent pas de nouveaux chemins pour sortir et des sentiers battus et des impasses. Et derrière tout cela, il y a une question implicite : finalement, ces gens qui semblent détester le présent qu’ils subissent, ont-ils, comme ils le disent, un véritable DESIR d’en sortir, de s’en sortir ? A lire le roman, on en doute. Ces dernières semaines, on a beaucoup parlé de «Hold-Up», mais, dans une partie du roman, il est question de ce qu’il y a, derrière, les apparences, les structures, des pays industrialisés, financiarisés, et finalement, on s’aperçoit que tant préfèrent tout réduire à une théorie unique, à la manière d’une religion révélée, ce que d’ailleurs, l’interlocuteur du journaliste oppose explicitement, la religion révélée à la cause occulte, «franc-macronique». Car, même si une part non négligeable de ce qu’ils affirment et supposent est vrai, cela n’explique rien sur l’apathie populaire (comme dans cette Creuse où il n’y a même plus de bals le week-end, «où on ne rencontrait jamais d’inconnue dans ce coin reculé», ce qui impose à Yoann une solitude sentimentale de plus en plus pesante) et l’apathie intellectuelle, c’est-à-dire que ce que tant fuit en courant vers la confrontation, c’est le face-à-face avec soi-même, ce que d’aucuns appelaient autrefois «l’autocritique», y compris pour mesurer le vide dont chacun est alors absolument responsable, même s’il y est poussé par la télévision et les sirènes de la consommation. Même quand un «marxiste-léniniste» (trotskiste) s’exprime (dans cette Creuse mobilisée), il conclut à la résignation plutôt qu’à la révolution. Qu’il s’agisse de Yoann, d’Eliel, et des autres, les uns et les autres parlent de la France comme d’un mur qu’il faudrait absolument faire céder et qui est d’une force qui semble, toutes et tous, nous dépasser. «La Fièvre» semble bien être un roman tragique, de ces Français dont l’être profond est en si grand décalage avec ce qu’ils affichent ou prétendent. Est-ce que, au fond, il n’y a pas une préférence, générale, pour l’échec, et, pour le traiter, s’en remettre à la violence bien connue ? Et puis le printemps arrive, et pourtant, pour certains, c’est la fin. L’échec, immédiat, du mouvement des GJ est leur échec, la mort du mouvement est leur mort. Il y a quelque chose d’étonnant dans «l’être-au-monde» français : un enfermement dans l’espace-temps français, comme si l’Histoire mondiale n’était pas plus vaste, complexe, source d’espérance(s), idem pour l’espace humain. On n’invoque pas, plus, des figures de la pensée et de la politique, du monde, on n’invoque pas des possibilités qui, dans un autre temps, ailleurs, ont pris corps, et ont permis de sortir d’apories nationales. L’obsession sur le président élu était typique de cette fixation/limitation. Qu’est-ce qui a rétréci l’espace mental français ? Sauf erreur, on peut y voir l’action, dans la durée, des médias, principalement télévisés, qui construisent des représentations/narrations extrêmement sélectives, partielles, partiales. Voir, écouter, un JT de France 2, c’est faire une expérience hypnotique. Or là encore, cette question, des médias, a été traitée comme une question secondaire. Pendant une brève période, les GJ se sont focalisés sur BFMTV, cette chaîne si suivie, écoutée, partout en France, parce qu’elle permet à des téléviseurs d’être allumés en permanence, et de diffuser un bruit de fond d’apparence national/nationaliste, mais cela n’a pas duré, et la mise en cause n’est pas devenue principale. C’est pourtant, là, que les citoyens sincèrement et sérieusement mobilisés en 68, furent défaits, par la propagande, et c’est ce qui continue de se faire dans des médias qui dérivent vers l’extrême droite, pour y conduire toujours plus de citoyens perdus et «en colère», le ressort principal du fascisme, comme nous le voyons avec le trumpisme. Aude Lancelin a créé QG, qui fait partie des nouveaux médias en ligne, aux côtés de Médiapart, le Média, Les Jours, et quelques autres. Son audience croît, comme pour ces médias, mais, hélas, en un seul JT télévisé, les chaînes de télévision continuent de concentrer un nombre infiniment plus important ; idem, même si c’est moins important, avec les radios. Nous sommes passés de la floraison créatrice de l’après 81, à l’hyper concentration, et seuls, ces médias Internet constituent un espace, autonome, réellement libre. Mais, dans la durée, comment faire sans visibilité globale, nationale ? Aucun de ces médias n’en a les moyens. On sait que leurs relations sont, les uns avec les autres, complexes, pour ne pas dire pire et plus. Mais n’auraient-ils pas, toutes et tous, intérêt, à se partager une chaîne ? Même s’il faudrait d’autres financements, d’autres salariés,… Il s’agit d’aérer les consciences, et de les aider à avoir de véritables connaissances, des perspectives qui, actuellement, leur sont refusées. Que faire ? ! Pour finir, le thème de ce blog est le «racisme social». C’est, et c’est l’objet d’un travail argumentatif, écrit, le premier des racismes : celui qui a pris corps dans certaines parties du monde, et par lequel des groupes se sont affirmés, en comparaison avec d’autres, et, les individus appartenant à ces groupes, ont été dévalorisés, à priori, quand les premiers se valorisaient, à priori. Les racines de ce racisme social ont commencé avec Rome, mais, finalement, dans toute l’Histoire de l’Empire romain, il restera faible, parce que peu de Romains penseront sur cette «logique», d’autant que l’Empire pratiquait la méritocratie et l’intégration, avec ces non-Romains qui parvenaient à devenir Romains, avec des titres, des responsabilités, etc. Mais, avec le Moyen-Age chrétien, la noblesse a repris à son compte cette logique pour la radicaliser : un Français, gueux, ne pouvait, en aucune façon, épouser une Française, noble, ni même la côtoyer, ni même parfois, lui parler. Peu avant 1789, la situation était devenue pire encore, mais aussi plus évidente pour toutes et tous : le Roi était dit, Roi de tous les Français, il était censé être bienveillant pour ses paysans, mais il ne les rencontrait jamais, et s’il les rencontrait, il était condescendant, méprisant – ne parlons pas de la Cour… Le racisme a été la dérivation de ce racisme social, en visant cette fois-ci, les «autres», d’une autre couleur de peau, d’un autre pays, d’une autre culture, d’une autre religion. Le roman en parle à plusieurs reprises : les GJ ont été visés par ce racisme social, d’une manière constante et radicale, précisément, comme le furent les Communards, dont nous avons parlé au début de ce texte. Dans un entretien qu’il a avec le Préfet de Paris, le journaliste, Eliel, entend celui-ci convoquer une expression marxiste, le «lumpenproletariat», pour faire une généralisation sur les GJ, et pour les lier à la possibilité d’un fascisme nouveau, alors que le fascisme, originairement italien, est une créature des classes aisées italiennes, afin de se protéger du communisme européen qui progressait. Dans son dernier ouvrage, Emmanuel Todd parle de cette cascade de mépris, qui part de la classe «stato-financière», jusqu’à celle des prolétaires, qui prolongent cette logique de mépris qu’ils subissent en exprimant le même vers les prolétaires des prolétaires, les pauvres, français/algériens, sénégalais, etc. Les habitants de ces quartiers ont souvent soutenu, en parole ou en action, les GJ, mais ne se sont pas massivement investis, notamment parce qu’ils avaient peur d’être les cibles prioritaires, et on les comprend. A un rassemblement organisé par le Comité Adama Traoré, «Fly Rider» a pu dire à celles et ceux qui étaient rassemblés : quand vous avez été frappés, quand vous avez perdu des jeunes, nous n’étions pas là, et je veux vous demander pardon. LA seule chance populaire réside dans cette alliance populaire, petits blancs paupérisés avec celles et ceux qui le sont encore plus et qui ont une autre couleur de peau, voire une autre «religion», à la condition sine qua non de vaincre les réflexes du racisme social/racisme, à ne pas se laisser embarquer par des polémiques artificielles, clairement créées pour désorienter (la laïcité, le séparatisme, etc etc).

Pour conclure, vous trouvez ci-dessous quelques phrases du récit. Il y a, à chaque page, ou presque, des phrases qui font mouche.

La société entière, conspiration pour parler de ce qui ne compte pas

La Bourgeoisie avait dressé la bête humaine

On avait même fini par oublier qu’il existait une cale, dont dépendait tout l’usinage social

Biens nés hors d’atteinte, au-delà de toute culpabilité possible

Un des nombreux garçons d’étage du Capital

La presse de progrès parlait comme le pouvoir qui elle-même parlait comme la police

L’Histoire, c’est nous qui l’écrivons, écrirons, nous, les vainqueurs

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