Interdit d’Interdire/Racisme d’Etat : les obsédés de la République « abstraite »(note 2)

Quand, enfin, Judith Bernard a pu prendre la parole, elle commence son propos en faisant référence à sa propre expérience personnelle, l’enseignement en Seine Saint-Denis, et ce qu’elle a pu constater sur la situation de ses élèves. Elle met en cause un déni de ce type de situation, d’autant plus facilement que la République est ontologiquement constituée sur la négation de ces discriminations, avec sa devise. Pour répondre au journaliste de « Marianne » dont une Une récente met en cause les « obsédés de la race », les racistes et les racisés, on peut objecter qu’il y a les obsédés de la République pour qui, tant dans les principes que dans les faits, tout est bien dans le meilleur des mondes, républicain. En accord avec son voisin, le représentant du FN RN, il prétend déduire du fait qu’il n’y a pas de lois raciales en France le fait qu’il n’existerait pas ce qui dans cette émission s’appelle « le racisme d’Etat » et que nous préférons ici appeler « le racisme social », lequel existe AVANT l’Etat mais est parvenu à structurer l’Etat. Avant de reprendre le fil de l’analyse critique de cette émission et des propos des intervenants, il faut justifier cette expression, ce qui a été fait dans cet ouvrage, publié, pour la première fois, sous le titre « Du racisme social en France, et par extension dans le monde », avant de s’intituler aujourd’hui « Du racisme social en Europe, et par extension dans le monde« . Ce racisme social, pré-étatique, a construit la France monarchiste, avec son aristocratie, dont le Roi était le plus « éminent » représentant. A la différence des aristocraties antiques (même si le principe du racisme social a été clairement fixé dans l’Empire Romain, avec la Table des 12 Lois), l’aristocratie française (d’origine germanique), en liaison avec ses imitations européennes, a fixé un principe de perfection de son être, des êtres qui la composaient, et du fait que cette perfection, comme dans un eugénisme généralisé, passait par et l’exclusion des autres, les non…, par leur domination, leur mise en servage, et que, pour socialement établir cette perfection, par comparaison avec les imparfaits, il fallait se distinguer. Toute l’Histoire de l’aristocratie française aura été, jusqu’à la caricature, celle de ces/ses procédés de distinction, par la singularisation maximale, avec, par contraste, « la massification », avec les anonymes. Beaucoup ont cru, dans une Histoire simplifiée, que la Révolution Française avait mis fin à ces prétentions, sociales, politiques. Il faudrait faire « l’Histoire de cette illusion ». A l’inverse de cette illusion, on peut dire que l’Histoire française a été marquée par une impressionnante continuité, avec la différence de ses modes, styles, de ce racisme social, d’origine aristocratique, jusqu’à aujourd’hui, où ce n’est pas un hasard si les médias d’Etat (et privés, sous contrôle de) pratiquent ce racisme social, en donnant quasi exclusivement la parole à des personnes conformes à ce racisme social, et/ou qui le véhiculent, et/ou aident à le diffuser, à essayer de le renforcer. La promotion sur les chaînes étatiques de faux historiens, vrais courtisans, comme Stéphane Bern, avec l’aide de quelques faussaires, qui ne sont pas des historiens professionnels ayant des travaux mondialement reconnus, comme Lorent Deutsch, en constitue une preuve (le cas de Bern étant significatif, puisqu’il s’associe désormais à tout, divertissements, émissions d’Histoire, fictions, etc). De ce point de vue-là, les « racisés » synthétisent l’action permanente du racisme social structurel et du racisme, plus ou moins conjoncturel,, en tant qu’ils sont des pauvres, et des pauvres non nationaux, mais ils sont tout autant exclus que le sont les pauvres « nationaux ». Le racisme social est primordial, dans un tel système.

Ci-dessous, l’émission de Judith Bernard, pour « Hors-Série », avec Houria Bouteldja : il suffit de l’écouter pour comprendre que, comme Judith Bernard l’a clairement expliqué, répondu, au journaliste de Marianne, lorsqu’elle lui a dit qu’Houria Bouteldja a eu un propos descriptif et non prescriptif, concernant les femmes racisés violés. Elle fait l’objet de plusieurs accusations, diffamatoires, avec des propos, tronqués, modifiés. Pour faire plaisir aux cons-de-souche qui la détestent, il est donc plus que nécessaire de vous permettre de l’entendre, puisque vous ne pouvez l’entendre dans aucune émission publique en France – le pays de Charlie-liberté d’expression blabla. Les racistes, la parole, ils l’ont, partout, les racisés, ils sont interdits de « médias publics », mais, heureusement, ils parlent quand même !

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