Interdit d’Interdire concernant « le racisme d’Etat » en France : une analyse d’une heure où il faut supporter d’entendre le pire, la confirmation du racisme sous toutes ses formes, et, heureusement, une sensée contradiction (note 1)

Dans cette émission, l’animateur Frédéric Taddéi a convié Judith Bernard, professeure et fondatrice de Hors-Série, Hadrien Mathoux, journaliste à Marianne, Norman Ajari, professeur de Philosophie, et M. Messiha, membre du BN du RN (FN). L’émission dure 50 minutes environ. Il faut accepter de supporter (prendre sur soi en sachant que le temps passe et qu’il va finir par fermer sa bouche venimeuse) les jérémiades et rodomontades du représentant du RN FN (par exemple, au début de l’émission, il prend la parole et la garde, dans un long monologue monomaniaque, et, à l’occasion d’une respiration, Frédéric Taddéi parvient à reprendre la parole).

Premier intervenant, Norman Ajari a eu un lapsus, puisqu’il a corrigé son propos, pourtant, extrêmement significatif et déterminant dans notre sujet, dans la mesure où il a failli prononcé, pour les populations victimes du « colonialoracisme » qu’elles étaient « terrorisées », ce qu’il a corrigé en disant « théorisées » comme. La « terreur » est bien le fait, dans la foulée de ce qui a pris corps ici, avec l’Inquisition, des intellectuels-clercs, dont la théorie terrorise, est terroriste. Le poison français du racisme, qui n’est pas d’origine populaire, est « l’oeuvre » de quelques intellectuels, en écho à un pré-racisme européen, notamment en Allemagne, avec les propos peu rationnels et raisonnables d’un Kant ou d’un Hegel sur les déterminations physiques, psychologiques, intellectuelles, des « Nègres » en comparaison des Blancs. Le Français Gobineau a produit l’ouvrage de synthèse de, un monument de raccourcis afin de prétendre exposer une « Histoire de l’espèce humaine », un monstre hégélo-darwinien dans lequel le « fou savant » a cru pouvoir classer, coordonner, évaluer. Pour répondre à Norman Ajari, le représentant du FN RN s’est mis en avant : lui, l’ex Egyptien, lui qui a tant cravaché, en s’entêtant, et a fini par « réussir » (ah, les apparences…) en accédant aux plus hautes écoles de la RF, serait la preuve vivante de l’absence de ce Racisme social français (expression qui, ici, à notre préférence, plutôt que celle de « Racisme d’Etat », ce dont nous donnons à la fin de cette note une explication). Evidemment, dans les Etats/nations structurés par ce racisme social, les moyens, les méthodes et les lois diffèrent, et la RF n’est pas l’Etat sud-africain de l’époque de l’Apartheid. Dans le cas de la RF, l’Etat n’est nullement xénophobe, puisqu’il s’appuie, intérieurement et extérieurement, sur des nationaux ET sur des étrangers, dès lors qu’ils appartiennent à une classe sociale. Donc, le fait qu’un Egyptien ait été intégré n’a rien de surprenant, mais au contraire, de banal. Il suffit d’en chercher pour en trouver, beaucoup. Mais pour cela, il faut qu’ils soient, soit, à priori, parfaitement compatibles, avec cette classe, avec ses règles, avec ses formes de relations internes, etc, soit, qu’ils le deviennent. Nombre sont ainsi devenus, ce qu’ils prétendent, des « Français », des « Républicains », sans trace(s) visible(s), audible(s), de leur origine. En outre, nombre de ces ex-étrangers partageaient, à priori, ou, après l’avoir intégré, assimilé, les codes de ce racisme social, et il ne faut donc pas s’étonner là encore de voir un ex-Egyptien tenir des propos de mépris, voire, de haine, envers tels/telles ou tels/telles, en raison de leur origine, couleur de peau. Outre le racisme social/racisme importé par les colons occidentaux (en l’espèce, anglais pour l’Egypte), on sait que, avec les élites de ce pays et de ces pays, un double racisme/racisme social, conforté donc par celui importé et imposé par les colons, a sévi et sévit encore, contre « les Noirs », etc. Ce sinistre personnage ne peut donc croire que sa seule parole peut produire en nous de l’ignorance et de l’oubli. Pour nier ce racisme si puissant en France, il invoque les hauts fonctionnaires et les fonctionnaires ayant des origines/noms, comme Mohammed, etc. Il s’agit là de l’un de ses arguments fallacieux, dont la liste est si longue (et c’est fastidieux). Pour commencer, il faudrait savoir combien de ces fonctionnaires et hauts fonctionnaires ont de tels prénoms; ensuite, ils sont fonctionnaires, parce qu’ils ont la nationalité française, et qu’ils ont passé, réussi, un concours; la réussite à ce concours ne signifie pas que les dirigeants de l’Etat les apprécient comme tels, pour ce qu’ils sont, mais l’Etat, et c’est ainsi depuis l’envol de la fonction publique, avec la 3ème République, a des besoins en personnel(s), qu’une discrimination ne peut faire un tri, raciste, sans mettre l’Etat en difficulté, pour ses besoins et pour faire face à une critique sociale encore plus justifiée. Enfin, il faudrait savoir combien parmi les fonctionnaires, ceux-ci et les autres, reprennent à leur compte les « idées » et jugements de ce représentant du FN RN, ce qui permettrait aussi de comprendre comment certains ont pu avoir des promotions… Il ajoute que l’expression « racisme d’Etat » serait un principe stratégique visant à obtenir de l’Etat une reconnaissance de fait – et après, de droits. Le propos est hautement comique : comment des racisés pourraient croire que l’Etat qu’ils mettent en cause pour ce racisme pourrait le reconnaître et… ? En outre, ce représentant du FN RN en vient à reconnaître que des populations ne sont pas « intégrées », alors que nous savons que les migrants et les populations, ex immigrées, devenant des parties d’une population générale, ont cette obsession d’intégration. Si cette non-intégration n’est pas, principalement, de leur fait, l’Etat n’aurait aucune responsabilité dans cette situation de blocage/exclusion ? Ce sinistre personnage s’autorise un propos cynique, scandaleux, en évoquant les populations migrantes qui traversent la Mer qui sépare l’Europe de l’Afrique, et qui, parfois, y meurent, puisqu’ils affirment que si ces populations devaient savoir qu’elles vont souffrir de ce racisme d’Etat, elles ne viendraient pas, et que, puisqu’elles cherchent à venir, c’est qu’elles savent que… Or, outre le fait qu’il existe une politique européenne cynique sur ce sujet, avec son cortège macabre, ces migrants fuient des situations dangereuses, et savent, à priori, que la majorité des CITOYENS de ces Etats ne sont pas racistes, qu’ils pourront réussir à se comprendre, s’entendre, vivre, avec, et que, pour ce projet humain, ils font de telles traversées. Ce racisme structurel n’induit pas, en France, une imprégnation dans toute la population, laquelle est, en France, admirablement résistante, contre. Pour tenter de donner de la cohérence à son propos, ce représentant ajoute que, par exemple, pour le département de la Seine Saint-Denis, l’Etat français dépenserait, en moyenne, plus que pour les autres départements, ce qui constitue une provocation extraordinaire. En effet, les départements disposent de fonds propres, liés à la richesse économique du département. De ce point de vue, la Seine Saint-Denis est mal dotée. Donc, ce que l’Etat verse à la Seine Saint-Denis est, légèrement, en moyenne, supérieure, aux autres départements, en raison de la situation économique spécifique, où le nombre d’allocataires du RSA est plus élevé. Celles et ceux qui connaissent ce département le disent : il est à l’abandon, il y a des déserts économiques et étatiques. C’est un département qui a le plus besoin d’investissements et de dépenses sociales, et qui en perçoit le moins. Et nous en sommes seulement à la 5ème première minute de l’émission…

One Reply to “Interdit d’Interdire concernant « le racisme d’Etat » en France : une analyse d’une heure où il faut supporter d’entendre le pire, la confirmation du racisme sous toutes ses formes, et, heureusement, une sensée contradiction (note 1)”

  1. A quelques pingouins qui veulent commenter cette note : avez-vous un argument ? Votre commentaire sera publié. Exprimez-vous seulement des jugements, sans argument ? Le commentaire n’est pas publié. Ou vous avez quelque chose à dire, ou votre bile part directement à la poubelle.

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