« Osons la Fraternité » – pour les migrants ET pour les sans-domicile, quelle que soit la nationalité des personnes

30 auteurs ont fait connaître un appel à la fraternité, en disant se placer « aux côtés des migrants » dans un livre publié aux éditions Philippe Rey. Si l’enfer, de la République, est, lui aussi, pavé de bonnes intentions, c’est que, si cet appel est absolument fondé, au regard du mépris des personnes, les « migrants », de leurs droits fondamentaux, de ce qu’une République à la dérive leur impose, et ce, notamment, pour complaire à une extrême-droite qui a la bave aux lèvres et sur les réseaux sociaux, il a le tort d’être focalisé sur les migrants, comme si la situation de ceux-ci était intelligible en raison même de ce que sont ces personnes, hors le contexte général. Or, si les migrants subissent ce que nous appelons ici l’alliance du racisme social et du racisme, derrière des « arguments » classiques (la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, etc), c’est que ces femmes, ces hommes, ces enfants, sont des pauvres qui n’ont pas les moyens d’acheter leur tranquillité, à la différence d’autres personnes qui viennent des mêmes pays, COMME les personnes de nationalité française à qui l’Etat, les communes, imposent de survivre, puis de mourir, dans les rues. C’est pourquoi nous le disons clairement : si, oui, il faut « oser la fraternité » (et encore qu’il faudrait savoir pourquoi il faudrait oser, ce qui est sans doute valable pour une partie de la population qui n’a pas du tout l’habitude d’aller dans ce sens…), il faut réaliser cette fraternité, POUR TOUTES ET TOUS les sans, les sans revenu, les sans domicile (traduisons : les avec danger, les avec exposés aux maladies, les avec privés de, etc), QUELLE QUE SOIT LA NATIONALITE. Pourquoi ? Parce que nous le leur devons, à toutes et tous, sans distinction, et parce que l’extrême droite ne cesse de crier dans les oreilles de la population des prolétaires français, que celles et ceux qui dirigent l’Etat DONNENT des moyens, de l’argent, etc, pour les migrants (ce qui est, bien évidemment, absolument faux), que les mêmes ne font rien pour celles et ceux qui sont dans les rues, et qui sont de nationalité française. Les faits sont les faits : les migrants subissent, mépris, haine, agressions, PARCE QU ILS SONT DES PAUVRES, et les pauvres, de nationalité française, SUBISSENT aussi le même mépris, des agressions, une mise en danger de la vie.

 

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